Assurance croisière : soins à bord payants et droits européens limités
- Par Jaafar Wahid
- août 14, 2026
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Réponse directe : les soins à bord sont payants chez toutes les compagnies. MSC écrit que le passager « devra payer les frais médicaux à bord », Costa que « tous les services médicaux fournis sont payants ». Et le piège est ailleurs : le règlement européen sur les droits des passagers maritimes exclut expressément les croisières de ses articles sur le remboursement, le réacheminement et l’indemnisation.
Autre constat, vérifié mot par mot : les quatre grands contrats d’assurance voyage français ne comportent aucune clause spécifique à la croisière. Ni soins à bord, ni rapatriement depuis un navire, ni escale manquée.
Chaque grand navire dispose d’un centre médical avec médecin et personnel infirmier. Aucun de ces soins n’est gratuit, et les compagnies le disent explicitement dans leurs documents contractuels.
| Compagnie | Ce que dit le document officiel |
|---|---|
| MSC Croisières | « Exception faite des urgences médicales, les services médicaux à bord entraînent un supplément ». Conditions de réservation, art. 13.11 : le passager « devra payer les frais médicaux à bord » |
| Costa Croisières | « L’assistance médicale à bord de nos navires de croisière fonctionne comme un hôpital privé… Tous les services médicaux fournis sont payants », avec « une facture détaillée » |
| Ponant | Conditions générales, art. 7.7 : « les consultations médicales, les soins et médicaments à terre ou à bord des navires sont à la charge du Voyageur » |
Relevé le 14/08/2026. Les conditions Ponant consultées datent du 27 novembre 2023 : vérifiez la version en vigueur avant de vous y fier.
Trois clauses MSC méritent d’être lues avant d’embarquer. L’article 13.10 prévient que le centre médical « ne dispose pas de ressources équivalentes à celles d’un hôpital terrestre, ni de personnel médical spécialisé ». L’article 13.12 prévoit que des passagers « doivent être débarqués à terre » en cas de maladie ou d’accident. Et l’article 13.13 pose que « l’opinion professionnelle du médecin concernant l’aptitude du Passager à embarquer… ou à continuer la Croisière est définitive et contraignante ». Costa prévoit de même de demander à un hôte de « débarquer au prochain port » s’il ne peut plus gérer ses soins personnels.
Autrement dit, votre croisière peut s’arrêter sur décision d’un médecin, dans un port étranger que vous n’aviez pas choisi.
Les trois grandes compagnies présentes sur le marché français se contentent de la recommander. MSC « recommande à chaque Passager de souscrire une police d’assurance appropriée » et prévient que « les dépenses médicales et d’hospitalisation, les frais occasionnés pour rentrer chez eux seront à leur charge en cas d’absence d’assurance ». Costa « conseille fortement ». Ponant « n’inclut aucune assurance dans les prix des prestations proposées et recommande au Voyageur de souscrire ».
L’obligation existe en revanche chez les opérateurs d’expédition polaire. HX, ex-Hurtigruten Expeditions, l’écrit sans détour : « HX requires all guests to have travel insurance in force », couvrant au minimum l’annulation, la maladie ou la blessure et le rapatriement. Pour l’Antarctique, « l’assurance couvrant l’évacuation médicale et le rapatriement est obligatoire », avec une couverture recommandée de 200 000 dollars.
Nous n’écrirons donc pas que « les croisiéristes exigent une assurance » : c’est vrai en expédition polaire, faux en croisière classique.
C’est le point le plus contre-intuitif de cette page. Le règlement (UE) n° 1177/2010 sur les droits des passagers maritimes inclut bien les croisiéristes dans son champ — puis écarte immédiatement les articles qui comptent : « l’article 16, paragraphe 2, les articles 18 et 19 et l’article 20, paragraphes 1 et 4, ne s’appliquent pas à ces passagers ».
| Droit prévu par le règlement | S’applique à une croisière ? |
|---|---|
| Information sur l’annulation ou le retard (art. 16 § 1) | Oui |
| Repas, rafraîchissements et hébergement, 80 € par nuit et trois nuits maximum (art. 17) | Oui |
| Information sur les possibilités de réacheminement ou de remboursement (art. 16 § 2) | Non |
| Réacheminement et remboursement du billet (art. 18) | Non |
| Indemnisation forfaitaire en pourcentage du prix (art. 19) | Non |
Source : règlement (UE) n° 1177/2010, articles 2 et 3, relevé le 14/08/2026 sur EUR-Lex.
Le règlement définit la croisière comme « un service de transport par mer… exploité exclusivement à des fins de plaisance ou de loisirs, complété par un hébergement et d’autres prestations, consistant en plus de deux nuitées à bord ».
Conséquence pratique : si votre croisière est annulée, ce règlement ne vous ouvre aucun droit au remboursement. Vos recours passent par le code du tourisme si la croisière a été vendue comme forfait, et par votre contrat d’assurance. C’est exactement pourquoi la garantie annulation compte davantage ici qu’ailleurs : voir l’assurance annulation voyage.
Le règlement (CE) n° 392/2009 intègre la convention d’Athènes dans le droit de l’Union. Deux plafonds s’appliquent en cas de décès ou de lésions corporelles :
L’unité de compte est le droit de tirage spécial du Fonds monétaire international, dont la contre-valeur en euros varie chaque jour : nous ne la convertirons pas.
Nous avons cherché mot par mot les termes croisière, navire, bateau, bord, mer, escale et débarquement dans les conditions générales de Chapka, AVI International, ACS et April International. Le résultat est un constat d’absence.
Aucun de ces quatre contrats ne prévoit de garantie « escale manquée », contrairement à ce qu’on lit souvent. Nous ne l’inventerons pas.
Les contrats vendus par les compagnies elles-mêmes, eux, traitent ces sujets. La police multirisques Costa souscrite auprès d’Europ Assistance prévoit le « paiement direct des frais médicaux encourus pour le séjour dans la structure hospitalière à bord jusqu’à 5 000 € », ainsi que le transport du centre médical vers un établissement mieux équipé. Mais elle exclut aussi, de sa garantie Accidents, « les accidents survenus à bord du navire… et en tout cas sur une embarcation, quelle qu’elle soit ». Ce document porte la référence 202003 : vérifiez la police en cours de commercialisation avant de vous fier à ces montants.
Le bon réflexe : ne comptez ni sur le règlement européen ni sur une clause croisière qui n’existe pas. Comparez les assurances voyage sur le plafond de frais médicaux et le rapatriement.
Pour un départ à plusieurs, voir l’assurance voyage groupe. Pour la couverture de votre carte, voir l’assurance voyage carte bancaire.
Oui, chez toutes les compagnies. MSC précise que le passager devra payer les frais médicaux à bord, Costa que tous les services médicaux fournis sont payants et donnent lieu à une facture détaillée, Ponant que les consultations et médicaments sont à la charge du voyageur.
Non chez MSC, Costa et Ponant, qui se contentent de la recommander. Oui chez les opérateurs d’expédition polaire : HX exige une assurance de tous ses passagers, et l’évacuation médicale est obligatoire pour l’Antarctique.
Pas au titre du règlement européen 1177/2010, qui écarte expressément les croisières de ses articles sur le remboursement, le réacheminement et l’indemnisation. Vos recours passent par le code du tourisme et par votre contrat d’assurance.
L’information sur l’annulation ou le retard, et l’assistance en repas, rafraîchissements et hébergement, plafonnée à 80 euros par nuit pour trois nuits maximum. C’est tout.
Aucun des quatre grands contrats français que nous avons lus ne comporte de clause sur les soins à bord, le rapatriement depuis un navire ou le débarquement médical. Demandez une confirmation écrite à votre assureur avant de partir.
Aucune garantie de ce nom n’existe chez Chapka, AVI, ACS ni April, et la police croisière Costa ne la prévoit pas davantage. Les compagnies se réservent contractuellement le droit de modifier les escales.
Oui. Les conditions MSC prévoient le débarquement à terre en cas de maladie ou d’accident, et précisent que l’avis du médecin de bord sur votre aptitude à continuer la croisière est définitif et contraignant.
Le règlement européen 392/2009 fixe une responsabilité de plein droit jusqu’à 250 000 unités de compte en cas d’événement maritime, portée à 400 000 au maximum si une faute du transporteur est démontrée.

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