Quotité d'assurance emprunteur : comment la choisir à deux

Réponse directe : la quotité est la part du capital couverte pour chaque assuré. Le total doit atteindre au moins 100 % et ne peut pas dépasser 200 %. Un emprunteur seul est donc couvert à 100 %. À deux, une répartition 50 % / 50 % ne rembourse que la moitié du capital restant dû au décès de l’un : le survivant continue de payer l’autre moitié. À coût identique, une répartition calée sur les revenus protège mieux. Cette page donne la méthode de choix, l’effet sur le prix, le lien avec le questionnaire de santé et la façon de modifier sa quotité en cours de prêt.

Ce qu’est la quotité, et pourquoi elle décide de tout

La quotité est la part du capital emprunté couverte pour chaque assuré. Elle s’exprime en pourcentage et c’est elle qui détermine, le jour d’un sinistre, quelle fraction du capital restant dû l’assureur rembourse.

Deux règles encadrent son choix. D’une part, les banques exigent que le total atteigne au moins 100 %, faute de quoi une partie du prêt resterait à découvert. D’autre part, le total ne peut pas dépasser 200 % : au-delà, l’assurance rembourserait plus que le capital dû, ce que le principe indemnitaire interdit.

Entre ces deux bornes, tout est possible — et c’est là que se joue l’arbitrage entre le coût et la protection.

Emprunteur seul : la quotité est de 100 %

Il n’y a pas d’arbitrage possible. Un emprunteur unique est nécessairement couvert à 100 % : c’est la seule façon d’atteindre le total exigé. La seule variable qui vous reste est le choix du contrat lui-même — son TAEA, sa base de calcul et ses définitions de garanties.

Emprunter à deux : les trois répartitions et ce qu’elles coûtent

RépartitionAu décès de l’un des deuxCoût relatif
50 % / 50 %
total 100 %
La moitié du capital restant dû est remboursée. Le survivant continue de payer l’autre moitié, avec un seul revenu.Le plus bas
70 % / 30 % ou toute répartition asymétrique
total 100 %
La part remboursée correspond à la quotité du défunt. Calée sur les revenus, elle protège davantage celui qui porte le remboursement.Identique à 50/50
100 % / 100 %
total 200 %
La totalité du capital restant dû est soldée, quel que soit celui des deux qui décède.Le double
Le point que l’on comprend souvent trop tard
Une répartition 50 % / 50 % ne veut pas dire « chacun est couvert pour moitié de son propre risque ». Elle veut dire qu’au décès de l’un, le survivant garde la moitié du crédit à rembourser, avec un revenu en moins. C’est le montage le moins cher et, de loin, le plus exposé.

Comment choisir sa répartition : la méthode par les revenus

Le bon réflexe n’est pas de partir du prix, mais de la question suivante : si l’un de nous disparaît, l’autre peut-il assumer seul l’échéance restante ? La réponse dicte la quotité.

  1. Calculez la part de chacun dans les revenus du foyer. Un couple à 3 000 € et 1 500 € est à deux tiers / un tiers.
  2. Comparez l’échéance au revenu du survivant potentiel. Si le revenu le plus faible ne couvre pas l’échéance et les charges courantes, une quotité basse sur le revenu le plus élevé est un pari dangereux.
  3. Ajustez vers le haut sur le revenu principal. Une répartition 70 % / 30 % au bénéfice de celui qui gagne le plus coûte exactement le même prix qu’un 50 % / 50 %, pour une protection nettement mieux placée.
  4. Tenez compte des enfants et de l’âge du prêt. Plus la durée restante est longue, plus le risque porté par le survivant est lourd.

À coût égal, une répartition asymétrique bien orientée vaut presque toujours mieux qu’un 50 % / 50 % automatique. C’est l’arbitrage le plus rentable de tout le contrat, et il ne coûte rien.

Quotité et coût : ce que change chaque point de pourcentage

La cotisation est strictement proportionnelle à la quotité. Chaque assuré est d’abord tarifé sur son propre profil — âge, santé, statut fumeur, profession — puis sa cotisation est ramenée au pourcentage retenu, et les deux s’additionnent.

Conséquence pratique : passer d’un total de 200 % à un total de 100 % divise la facture par deux. C’est le levier d’économie le plus immédiat du contrat, et le seul qui se paie directement en protection. Les autres leviers — base de calcul, choix de l’assureur, retrait des options non exigées — sont à examiner avant celui-ci, parce qu’ils ne coûtent rien en couverture. Ils sont détaillés sur assurance emprunteur pas cher.

Un point souvent ignoré quand les deux profils sont très différents : rien n’oblige à souscrire un contrat unique à deux têtes. Deux contrats distincts, chez deux assureurs différents, sont parfaitement recevables — la banque contrôle l’équivalence des garanties, pas l’unicité de l’assureur.

Quotité et questionnaire de santé : le lien qu’on oublie

Depuis la loi Lemoine, le questionnaire de santé disparaît quand deux conditions sont réunies : l’encours assuré ne dépasse pas 200 000 € par assuré, tous crédits immobiliers confondus, et le remboursement s’achève avant le 60e anniversaire.

Or le seuil s’apprécie par assuré, donc au prorata de la quotité. Un couple qui emprunte 400 000 € à 50 % / 50 % assure 200 000 € par tête : il reste sous le plafond. Le même couple à 100 % / 100 % assure 400 000 € par tête : le questionnaire redevient obligatoire pour les deux.

Ne choisissez pas votre quotité pour échapper au questionnaire
Descendre à 50 % / 50 % dans le seul but de rester sous le seuil revient à troquer une protection contre une formalité. Et l’opération n’est pas toujours gagnante : le CCSF a relevé que les contrats sans sélection médicale se sont renchéris d’environ 10 % par rapport aux tarifs 2021, parce que l’assureur qui ne peut plus mesurer le risque le tarife au niveau moyen. Pour un profil jeune et en bonne santé, remplir le questionnaire est souvent moins cher. Demandez les deux devis.

Peut-on modifier sa quotité en cours de prêt ?

Oui, par le même mécanisme que tout changement de contrat : la substitution. Depuis la loi Lemoine, elle est possible à tout moment, sans préavis ni frais. Vous souscrivez un nouveau contrat avec la répartition souhaitée et vous le présentez à votre banque, qui dispose de dix jours ouvrés pour répondre.

Deux limites à connaître. D’abord, le total doit toujours atteindre 100 % : une baisse de quotité sur l’un impose une hausse sur l’autre. Ensuite, une modification implique une nouvelle tarification sur votre profil actuel — vous avez vieilli depuis la signature, et votre état de santé a pu changer. Un réajustement peut donc coûter plus cher que prévu.

Les situations qui justifient un réexamen : une séparation, un changement important dans l’équilibre des revenus, la naissance d’un enfant, ou l’arrivée d’un troisième co-emprunteur. La procédure complète est sur changer son assurance de prêt immobilier.

Trois cas particuliers

  • Trois emprunteurs ou plus. La règle ne change pas : le total doit atteindre 100 %, réparti librement. Chacun est tarifé sur son propre profil.
  • Un emprunteur non assurable. Si l’un des deux se voit refuser la couverture, l’autre peut être assuré à 100 % pour atteindre le total exigé. La convention AERAS organise par ailleurs un examen en trois niveaux avant tout refus définitif.
  • Investissement locatif. Certaines banques acceptent une quotité totale de 100 % sur un investissement locatif là où elles exigeraient davantage sur une résidence principale. Cela se négocie — mais la protection du survivant, elle, ne change pas de nature.

Questions fréquentes — La quotité d’assurance emprunteur

Quelle quotité choisir quand on emprunte à deux ?

Le total doit atteindre au moins 100 %. À coût identique, une répartition calée sur les revenus — 70 % / 30 % par exemple, au bénéfice de celui qui gagne le plus — protège mieux qu’un 50 % / 50 % automatique. Le 100 % / 100 % coûte le double et solde entièrement le prêt au décès de l’un des deux.

Que se passe-t-il concrètement avec une quotité de 50 % ?

Au décès de l’assuré, l’assureur rembourse la moitié du capital restant dû. Le survivant conserve l’autre moitié à rembourser, avec un revenu en moins. C’est le montage le moins cher et le plus exposé : vérifiez que le revenu du survivant couvre l’échéance résiduelle avant de le retenir.

Peut-on dépasser 100 % de quotité ?

Oui, jusqu’à 200 % au total en empruntant à deux, soit 100 % pour chacun. Au-delà, l’assurance rembourserait plus que le capital dû, ce qui n’est pas admis. Un emprunteur seul est donc plafonné à 100 %.

La quotité influence-t-elle le questionnaire de santé ?

Oui, indirectement. Le seuil de 200 000 € au-delà duquel le questionnaire redevient obligatoire s’apprécie par assuré, donc au prorata de la quotité. Un couple empruntant 400 000 € à 50 % / 50 % assure 200 000 € par tête et reste sous le plafond ; à 100 % / 100 %, chacun assure 400 000 € et le questionnaire s’applique.

Peut-on changer de quotité après la signature du prêt ?

Oui, par substitution de contrat, possible à tout moment depuis la loi Lemoine. Deux réserves : le total doit toujours atteindre 100 %, et la nouvelle tarification se fait sur votre profil actuel — vous avez vieilli, et votre état de santé a pu changer.

Deux contrats chez deux assureurs différents, est-ce possible ?

Oui. La banque contrôle l’équivalence des garanties de chaque contrat au regard des critères listés sur sa fiche standardisée d’information, pas l’identité de l’assureur. Quand les deux profils sont très différents — âge, tabac, profession — deux contrats séparés reviennent souvent moins cher.

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