Assurance d'un prêt relais : ce qui change vraiment
- Par Jaafar Wahid
- août 14, 2026
- Note de 4,7/5 sur Trustpilot
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Réponse directe : le capital d’un prêt relais ne s’amortit pas : choisir un contrat calculé sur le capital restant dû n’apporte donc rien, les deux assiettes se confondent jusqu’au remboursement. Le vrai enjeu est ailleurs : la période de relais est celle où votre exposition totale est la plus élevée, puisque vous portez deux dettes. Bon à savoir en cas de risque aggravé : la convention AERAS neutralise les crédits relais dans le calcul de l’encours cumulé pour une résidence principale.
Le prêt relais finance l’achat d’un nouveau bien avant la vente de l’ancien. Il se rembourse en une fois, au moment de la vente. Pendant toute sa durée, le capital ne s’amortit pas : ce que vous devez au premier mois, vous le devez encore au dernier.
Cette mécanique a une conséquence directe sur l’assurance. La distinction entre capital initial et capital restant dû, qui fait varier le coût du simple au double sur un prêt amortissable, ne produit ici presque aucun effet : les deux assiettes se confondent jusqu’au terme. C’est la même logique que pour l’assurance d’un prêt in fine.
Autrement dit, sur un relais, choisir un contrat « dégressif » n’apporte rien. Ce qui compte, c’est le taux, la quotité et surtout l’étendue réelle des garanties.
Pendant la période de relais, vous portez deux dettes : le solde éventuel de l’ancien prêt, et le nouveau. Beaucoup d’emprunteurs assurent le relais au minimum, en se disant qu’il ne durera que quelques mois.
Le raisonnement est fragile pour une raison simple : le relais est précisément la période où votre exposition totale est la plus élevée. Un sinistre survenu à ce moment-là laisse aux proches deux biens et deux dettes, dont l’une n’est éteinte qu’à hauteur de ce qui a été assuré.
Le prêt relais s’éteint avec la vente de l’ancien bien. L’assurance qui le couvrait s’éteint avec lui : elle est adossée à ce prêt, pas à vous.
Deux points de vigilance à ce moment charnière :
Si la vente tarde et que le relais est prorogé, l’assurance doit suivre la nouvelle échéance. C’est un point à confirmer par écrit avec l’assureur, et non à supposer.
Le droit ne fait aucune distinction selon la nature du prêt immobilier. L’article L. 113-12-2 du code des assurances ouvre la résiliation « à tout moment à compter de la signature de l’offre de prêt », et l’article L. 313-30 du code de la consommation limite le refus de la banque au seul défaut d’équivalence des garanties.
En pratique, la question se pose peu : sur une durée de quelques mois à deux ans, l’économie d’une substitution est faible et les délais de traitement en absorbent une partie. Le calcul mérite d’être fait quand le relais porte un capital important ou que la vente s’annonce longue.
Le calculateur permet de le chiffrer : saisissez le capital du relais et sa durée résiduelle, en gardant la base « capital initial » puisque le capital ne s’amortit pas.
Un point technique utile si vous présentez un risque aggravé de santé. Le dispositif d’écrêtement des surprimes AERAS s’apprécie sur l’encours cumulé de prêts, plafonné à 420 000 € — mais la convention précise que ce calcul se fait « sans tenir compte des crédits relais lorsqu’il s’agit de l’acquisition d’une résidence principale ».
C’est une bonne nouvelle : le relais ne vient pas gonfler artificiellement votre encours et vous faire dépasser le plafond. Les conditions complètes figurent sur la page écrêtement des surprimes AERAS.
Textes et convention consultés le 14 août 2026. Aucun tarif ni aucune durée type de prêt relais n’est publié ici : ces éléments dépendent de chaque établissement.
Aucune loi ne l’impose, mais les banques l’exigent en pratique, comme pour tout prêt immobilier. C’est la condition d’octroi, pas une règle légale.
Cela n’apporte rien : le capital d’un relais ne s’amortit pas, les deux assiettes se confondent jusqu’au remboursement.
Vous êtes assuré sur deux prêts distincts, chacun avec sa propre couverture. C’est la période où votre exposition totale est la plus élevée.
Chaque assurance éteint le prêt qu’elle couvre, à hauteur de la quotité retenue. Ce qui n’est pas assuré reste à la charge du survivant ou de la succession.
Elle est adossée au prêt et s’éteint avec lui. Vérifiez tout de même l’arrêt effectif des prélèvements.
La couverture doit suivre la nouvelle échéance. Faites-le confirmer par écrit par l’assureur plutôt que de le supposer.
Non pour l’acquisition d’une résidence principale : la convention précise que l’encours cumulé s’apprécie « sans tenir compte des crédits relais » dans ce cas.

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