Assurance d'un prêt relais : ce qui change vraiment

Réponse directe : le capital d’un prêt relais ne s’amortit pas : choisir un contrat calculé sur le capital restant dû n’apporte donc rien, les deux assiettes se confondent jusqu’au remboursement. Le vrai enjeu est ailleurs : la période de relais est celle où votre exposition totale est la plus élevée, puisque vous portez deux dettes. Bon à savoir en cas de risque aggravé : la convention AERAS neutralise les crédits relais dans le calcul de l’encours cumulé pour une résidence principale.

Un prêt court, mais un capital qui ne baisse jamais

Le prêt relais finance l’achat d’un nouveau bien avant la vente de l’ancien. Il se rembourse en une fois, au moment de la vente. Pendant toute sa durée, le capital ne s’amortit pas : ce que vous devez au premier mois, vous le devez encore au dernier.

Cette mécanique a une conséquence directe sur l’assurance. La distinction entre capital initial et capital restant dû, qui fait varier le coût du simple au double sur un prêt amortissable, ne produit ici presque aucun effet : les deux assiettes se confondent jusqu’au terme. C’est la même logique que pour l’assurance d’un prêt in fine.

Autrement dit, sur un relais, choisir un contrat « dégressif » n’apporte rien. Ce qui compte, c’est le taux, la quotité et surtout l’étendue réelle des garanties.

Le double financement, angle mort de la comparaison

Pendant la période de relais, vous portez deux dettes : le solde éventuel de l’ancien prêt, et le nouveau. Beaucoup d’emprunteurs assurent le relais au minimum, en se disant qu’il ne durera que quelques mois.

Le raisonnement est fragile pour une raison simple : le relais est précisément la période où votre exposition totale est la plus élevée. Un sinistre survenu à ce moment-là laisse aux proches deux biens et deux dettes, dont l’une n’est éteinte qu’à hauteur de ce qui a été assuré.

La question à se poser
Si le sinistre survenait demain, avant la vente de l’ancien bien : quel capital l’assurance éteindrait-elle, et que resterait-il à la charge du survivant ou des héritiers ? C’est le seul calcul qui compte, et il se fait sur la somme des deux encours, pas sur le seul relais.

Ce que devient l’assurance quand le relais s’arrête

Le prêt relais s’éteint avec la vente de l’ancien bien. L’assurance qui le couvrait s’éteint avec lui : elle est adossée à ce prêt, pas à vous.

Deux points de vigilance à ce moment charnière :

  • Vérifiez l’arrêt effectif des prélèvements. Une cotisation qui continue après le remboursement du prêt relais n’a plus d’objet.
  • Vérifiez que le prêt principal, lui, reste bien couvert à la quotité voulue. Le remboursement du relais modifie souvent le tableau d’amortissement du prêt principal, sans que la couverture soit revue.

Si la vente tarde et que le relais est prorogé, l’assurance doit suivre la nouvelle échéance. C’est un point à confirmer par écrit avec l’assureur, et non à supposer.

Un prêt relais se substitue comme un autre

Le droit ne fait aucune distinction selon la nature du prêt immobilier. L’article L. 113-12-2 du code des assurances ouvre la résiliation « à tout moment à compter de la signature de l’offre de prêt », et l’article L. 313-30 du code de la consommation limite le refus de la banque au seul défaut d’équivalence des garanties.

En pratique, la question se pose peu : sur une durée de quelques mois à deux ans, l’économie d’une substitution est faible et les délais de traitement en absorbent une partie. Le calcul mérite d’être fait quand le relais porte un capital important ou que la vente s’annonce longue.

Le calculateur permet de le chiffrer : saisissez le capital du relais et sa durée résiduelle, en gardant la base « capital initial » puisque le capital ne s’amortit pas.

Ce que la convention AERAS ne couvre pas

Un point technique utile si vous présentez un risque aggravé de santé. Le dispositif d’écrêtement des surprimes AERAS s’apprécie sur l’encours cumulé de prêts, plafonné à 420 000 € — mais la convention précise que ce calcul se fait « sans tenir compte des crédits relais lorsqu’il s’agit de l’acquisition d’une résidence principale ».

C’est une bonne nouvelle : le relais ne vient pas gonfler artificiellement votre encours et vous faire dépasser le plafond. Les conditions complètes figurent sur la page écrêtement des surprimes AERAS.

Sources

  • Code des assurances, article L. 113-12-2 (résiliation à tout moment) — Légifrance.
  • Code de la consommation, article L. 313-30 (équivalence du niveau de garantie) — Légifrance.
  • Convention AERAS, version actualisée 2023, titre III (neutralisation des crédits relais dans l’encours cumulé) — aeras-infos.fr.
  • Code des assurances, article L. 141-4 (notice et modalités d’entrée en vigueur des garanties) — Légifrance.

Textes et convention consultés le 14 août 2026. Aucun tarif ni aucune durée type de prêt relais n’est publié ici : ces éléments dépendent de chaque établissement.

Questions fréquentes — assurance d’un prêt relais

L’assurance est-elle obligatoire sur un prêt relais ?

Aucune loi ne l’impose, mais les banques l’exigent en pratique, comme pour tout prêt immobilier. C’est la condition d’octroi, pas une règle légale.

Faut-il choisir un contrat sur capital restant dû ?

Cela n’apporte rien : le capital d’un relais ne s’amortit pas, les deux assiettes se confondent jusqu’au remboursement.

Suis-je assuré deux fois pendant la période de relais ?

Vous êtes assuré sur deux prêts distincts, chacun avec sa propre couverture. C’est la période où votre exposition totale est la plus élevée.

Que se passe-t-il si je décède avant la vente de l’ancien bien ?

Chaque assurance éteint le prêt qu’elle couvre, à hauteur de la quotité retenue. Ce qui n’est pas assuré reste à la charge du survivant ou de la succession.

L’assurance s’arrête-t-elle automatiquement au remboursement ?

Elle est adossée au prêt et s’éteint avec lui. Vérifiez tout de même l’arrêt effectif des prélèvements.

Et si le relais est prorogé ?

La couverture doit suivre la nouvelle échéance. Faites-le confirmer par écrit par l’assureur plutôt que de le supposer.

Le relais compte-t-il dans le plafond AERAS de 420 000 € ?

Non pour l’acquisition d’une résidence principale : la convention précise que l’encours cumulé s’apprécie « sans tenir compte des crédits relais » dans ce cas.

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