Investissement locatif : déductibilité et couverture
- Par Jaafar Wahid
- août 14, 2026
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Réponse directe : deux règles séparent l’investissement locatif de la résidence principale. La première joue en votre faveur : les primes d’assurance emprunteur figurent parmi les frais d’emprunt déductibles des revenus fonciers (BOI-RFPI-BASE-20-80, § 190), à condition qu’elles présentent « le caractère d’un supplément d’intérêt ». La seconde joue contre : le dispositif d’écrêtement des surprimes AERAS est réservé à la résidence principale et aux prêts professionnels — le locatif en est exclu.
C’est l’angle que la plupart des pages sur l’assurance emprunteur ignorent, alors qu’il change le coût net d’un investissement locatif.
La documentation fiscale officielle range les primes d’assurance emprunteur parmi les frais d’emprunt déductibles des revenus fonciers. Le BOFiP, sous la référence BOI-RFPI-BASE-20-80, vise au paragraphe 190 les « primes afférentes à un contrat d’assurance-vie ou d’assurance-décès souscrit pour garantir le remboursement de l’emprunt ».
Mais la déduction n’est pas automatique. Le paragraphe 200 pose une condition : ces primes ne sont déductibles « que lorsqu’elles présentent le caractère d’un supplément d’intérêt », notamment lorsque la souscription a été imposée par une clause expresse du contrat de prêt et qu’aucune récupération des sommes n’est possible en dehors de la réalisation du risque couvert.
La conséquence pratique est nette : sur un bien loué, une partie du coût de l’assurance est absorbée par la fiscalité, ce qui n’est jamais le cas sur une résidence principale. Le coût à comparer entre deux contrats reste le même — c’est le coût net après impôt qui change.
Second point technique, et il joue dans l’autre sens.
La convention AERAS décrit un dispositif d’écrêtement des surprimes mis en place « pour les prêts immobiliers liés à l’acquisition d’une résidence principale et pour les prêts professionnels ».
Un investissement locatif n’entre dans aucune de ces deux catégories. Si vous présentez un risque aggravé de santé, la surprime éventuelle ne sera donc pas plafonnée par le dispositif d’écrêtement, contrairement à ce qui se passerait sur votre résidence principale.
Le reste de la convention continue de s’appliquer : les trois niveaux d’examen, la grille de référence, le droit à l’oubli. C’est le seul mécanisme d’écrêtement qui est hors champ. Les conditions complètes figurent sur la page écrêtement des surprimes AERAS.
L’argument s’entend souvent : le loyer rembourse le prêt, donc l’assurance servirait moins. Il mérite d’être examiné plutôt que balayé.
Ce qui est exact. En cas d’arrêt de travail, le loyer continue de tomber, alors que sur une résidence principale l’échéance pèse intégralement sur un revenu qui a baissé. La garantie incapacité a donc un enjeu financier moindre — mais pas nul, car le loyer couvre rarement la totalité de la mensualité, charges et fiscalité comprises.
Ce qui l’est moins. La garantie décès ne se raisonne pas de la même façon. Au décès, ce sont les héritiers qui héritent à la fois du bien, du prêt et de la gestion locative. Une quotité faible leur laisse une dette et un actif difficile à liquider rapidement.
Ce qui est faux. L’idée que la vacance locative serait couverte. Aucune garantie d’un contrat d’assurance emprunteur ne vise l’absence de locataire ou les impayés : ce sont des risques distincts, qui relèvent d’autres produits.
L’arbitrage se fait donc garantie par garantie, et non par une règle globale. Le calculateur permet de chiffrer ce que coûte, sur la durée, chaque niveau de couverture.
Un investisseur cumule souvent plusieurs crédits. Deux seuils s’apprécient sur l’encours cumulé, et non prêt par prêt.
C’est un paramètre de calendrier : le premier investissement se fait souvent sans formalités médicales, le deuxième beaucoup moins.
Un prêt immobilier destiné à l’investissement locatif consenti à une personne physique reste un crédit immobilier au sens du code de la consommation. Vous conservez donc l’intégralité du régime protecteur :
Documentation fiscale, convention et textes consultés le 14 août 2026. Cette page décrit un régime général et ne constitue pas une consultation fiscale : la déductibilité s’apprécie au cas par cas, avec votre conseil.
Le BOFiP les range parmi les frais d’emprunt déductibles (BOI-RFPI-BASE-20-80, § 190), mais à la condition qu’elles présentent « le caractère d’un supplément d’intérêt », notamment lorsque l’assurance a été imposée par une clause expresse du contrat de prêt.
Oui : l’offre de prêt comportant la clause d’assurance, et les avis d’échéance ou attestations de cotisations.
L’argument vaut surtout pour l’incapacité. Pour le décès, une quotité faible laisse aux héritiers un bien, une dette et une gestion locative — c’est un choix, pas une évidence.
Non. Aucune garantie d’un contrat d’assurance emprunteur ne vise ces risques, qui relèvent d’autres produits.
Non. La convention le réserve aux prêts liés à l’acquisition d’une résidence principale et aux prêts professionnels. Le reste de la convention, lui, continue de s’appliquer.
Oui : les seuils s’apprécient sur l’encours cumulé. Vous pouvez passer au-dessus des 200 000 € qui vous dispensaient de questionnaire de santé.
Oui, comme sur tout crédit immobilier consenti à une personne physique : résiliation à tout moment, refus motivé, dix jours ouvrés, avenant sans frais.

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