
Le puits canadien représente une solution de ventilation et de régulation thermique particulièrement pertinente dans le contexte actuel de transition énergétique et de recherche de confort durable. En exploitant l’inertie thermique naturelle du sol, ce système permet de réduire significativement les consommations énergétiques tout en améliorant la qualité de l’air intérieur.
Si l’investissement initial peut sembler conséquent, le retour sur investissement est généralement rapide (5 à 8 ans) et la durabilité exceptionnelle du système en fait une solution économiquement avantageuse sur le long terme. De plus, son faible impact environnemental en fait une alternative écologique aux systèmes de climatisation traditionnels.
Pour une efficacité optimale, le puits canadien doit être correctement dimensionné et installé, en tenant compte des spécificités du terrain et du bâtiment. L’accompagnement par un professionnel qualifié est souvent recommandé, particulièrement pour les aspects techniques comme le dimensionnement et le tracé des conduits.
Principe de fonctionnement du puits canadien
Le puits canadien exploite une réalité physique simple : à environ 2 mètres de profondeur, la température du sol reste relativement constante tout au long de l’année (entre 10°C et 18°C), alors que la température de l’air extérieur peut varier considérablement (de -20°C à +35°C selon les régions).
Comment fonctionne un puits canadien ?
Le système se compose de plusieurs éléments essentiels :
- Une prise d’air extérieure : située à au moins 1,40 m du sol et équipée d’un filtre pour empêcher l’entrée d’insectes, de pollens et de poussières.
- Un réseau de conduits enterrés : généralement en polyéthylène ou en polypropylène, d’un diamètre d’environ 20 cm, enterrés à une profondeur de 1,5 à 2,5 mètres sur une longueur de 30 à 50 mètres.
- Un système d’évacuation des condensats : les conduits sont installés avec une légère pente (2% minimum) pour permettre l’évacuation de l’eau de condensation.
- Un ventilateur : pour assurer la circulation de l’air dans le système.
- Un by-pass : permettant de court-circuiter le système lors des intersaisons, quand la température extérieure est plus favorable que celle du sol.
Les deux types de puits canadiens
Puits canadien aéraulique (à air)
C’est le système traditionnel où l’air circule directement dans les conduits enterrés. L’air extérieur est capté par la prise d’air, circule dans les conduits où il échange sa température avec celle du sol, puis est insufflé dans l’habitation, généralement via une VMC double flux.
Ce système est plus simple à mettre en œuvre mais nécessite une attention particulière à l’étanchéité des conduits, notamment dans les zones exposées au radon.
Puits canadien hydraulique (à eau glycolée)
Dans ce système, c’est un fluide caloporteur (eau glycolée) qui circule en circuit fermé dans les conduits enterrés. Un échangeur air/eau permet ensuite de transférer les calories entre ce fluide et l’air entrant dans l’habitation.
Ce système est plus complexe et coûteux à installer, mais présente l’avantage de ne pas nécessiter de pente pour l’évacuation des condensats et d’être insensible au radon.
Fonctionnement selon les saisons
En hiver (puits canadien)
L’air froid extérieur (qui peut descendre jusqu’à -20°C) circule dans les conduits enterrés où il se réchauffe au contact du sol (10-12°C). Cet air préchauffé est ensuite insufflé dans l’habitation, réduisant ainsi les besoins en chauffage.
En été (puits provençal)
L’air chaud extérieur (pouvant atteindre 35°C) est refroidi lors de son passage dans les conduits enterrés. L’air frais (18-20°C) est ensuite insufflé dans l’habitation, créant un rafraîchissement naturel sans climatisation.
Les avantages du puits canadien
Le puits canadien présente de nombreux avantages qui en font une solution de plus en plus prisée pour la ventilation et la régulation thermique des habitations.
Maison équipée d’un puits canadien montrant les économies d’énergie et le confort thermique
Les multiples avantages d’un puits canadien pour une habitation
- Économies d’énergie significatives : En préchauffant l’air en hiver et en le rafraîchissant en été, le puits canadien réduit considérablement les besoins en chauffage et en climatisation. Pour une maison passive, les économies peuvent atteindre jusqu’à 70% sur les factures énergétiques.
- Solution écologique : Le puits canadien utilise une énergie renouvelable, gratuite et inépuisable (la température du sol). Il ne nécessite pas de fluides frigorigènes et a un impact environnemental très faible.
- Confort thermique toute l’année : Le système assure une température agréable en toutes saisons, en écrêtant les pics de chaleur en été et de froid en hiver. L’air est diffusé de manière homogène dans l’habitation.
- Qualité d’air améliorée : Grâce au filtre de la prise d’air et au renouvellement constant de l’air intérieur, le puits canadien contribue à une meilleure qualité de l’air dans l’habitation, réduisant les risques d’allergies et de problèmes respiratoires.
- Durabilité exceptionnelle : Une fois installé correctement, le puits canadien a une durée de vie très longue, pouvant atteindre celle du bâtiment lui-même. Les conduits enterrés ne s’usent pratiquement pas.
- Entretien minimal : Le système nécessite peu d’entretien, se limitant généralement au nettoyage des filtres de la prise d’air tous les 4 à 6 mois et au nettoyage du réseau tous les 2 ans.
- Excellent rendement énergétique : Le coefficient de performance (COP) d’un puits canadien est généralement compris entre 10 et 30, ce qui signifie qu’il restitue 10 à 30 fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.
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Prix et coûts d’un puits canadien
L’investissement dans un puits canadien varie selon plusieurs facteurs : la taille de l’habitation, le type de système choisi, la nature du terrain et la complexité de l’installation.
Coût moyen d’installation
| Type de système | Prix moyen (hors terrassement) | Coût du terrassement | Prix total estimé |
| Puits canadien aéraulique (kit LEWT) | 1 500 € – 3 000 € | 500 € – 1 000 € | 2 000 € – 4 000 € |
| Puits canadien hydraulique (kit SEWT) | 2 500 € – 4 500 € | 800 € – 1 500 € | 3 300 € – 6 000 € |
| Puits canadien + VMC double flux | 4 000 € – 7 000 € | 500 € – 1 000 € | 4 500 € – 8 000 € |
Facteurs influençant le coût
- Nature du terrain : Un terrain rocheux nécessitera des travaux de terrassement plus importants et donc plus coûteux.
- Longueur des conduits : Plus le réseau est long, plus le coût des matériaux et du terrassement sera élevé.
- Type de système : Un puits canadien hydraulique est généralement plus coûteux qu’un puits aéraulique.
- Complexité de l’installation : La configuration du terrain, la présence d’obstacles, la distance entre la prise d’air et l’habitation peuvent compliquer l’installation.
- Qualité des matériaux : Des conduits de meilleure qualité et des équipements plus performants augmenteront le coût initial mais garantiront une meilleure durabilité.
Retour sur investissement
Malgré un investissement initial qui peut sembler conséquent, le puits canadien présente un excellent retour sur investissement :
- Économies annuelles sur les factures d’énergie : 200 € à 500 € selon la région et le type d’habitation.
- Temps de retour sur investissement : généralement entre 5 et 8 ans.
- Durée de vie du système : 30 ans ou plus, ce qui en fait un investissement très rentable à long terme.
- Valorisation du bien immobilier : l’installation d’un puits canadien peut augmenter la valeur de votre propriété, notamment dans le contexte actuel de transition énergétique.
Conseils pratiques pour l’installation d’un puits canadien
L’installation d’un puits canadien nécessite une planification minutieuse et le respect de certaines règles pour garantir son efficacité et sa durabilité.

Chantier d’installation d’un puits canadien montrant les étapes clés
Installation des conduits d’un puits canadien lors d’un chantier
1. Analyser votre terrain
Avant toute installation, il est essentiel d’analyser la nature de votre terrain :
- Réalisez une étude de sol pour déterminer sa composition (argile, sable, roche) et sa conductivité thermique.
- Vérifiez la présence éventuelle de radon, particulièrement si vous optez pour un puits canadien aéraulique.
- Identifiez les obstacles potentiels (réseaux enterrés, racines d’arbres, zones de stationnement).
- Mesurez la surface disponible pour déterminer le tracé optimal des conduits.
2. Choisir le bon système
Le choix entre un puits canadien aéraulique et hydraulique dépendra de plusieurs facteurs :
Optez pour un puits aéraulique si :
- Votre terrain permet une pente régulière de 2% minimum
- Vous n’êtes pas dans une zone à risque radon
- Vous recherchez la solution la plus économique
- Vous avez suffisamment d’espace pour installer la prise d’air loin de sources de pollution
Préférez un puits hydraulique si :
- Votre terrain est rocheux ou ne permet pas une pente régulière
- Vous êtes dans une zone à risque radon
- Vous souhaitez une installation plus flexible en termes de tracé
- Vous pouvez investir davantage pour une solution plus complexe
3. Dimensionner correctement votre installation
Un dimensionnement adapté est crucial pour l’efficacité du système :
- Longueur des conduits : généralement entre 30 et 50 mètres pour une maison individuelle. Cette longueur dépend de la surface à ventiler, du climat local et du type de sol.
- Diamètre des conduits : environ 20 cm pour un puits aéraulique, beaucoup plus petit pour un puits hydraulique.
- Profondeur d’enfouissement : idéalement entre 1,5 et 2,5 mètres pour bénéficier d’une température stable.
- Débit d’air : calculé en fonction du volume de l’habitation (généralement 0,5 volume/heure en utilisation normale, jusqu’à 2 volumes/heure en cas de forte chaleur).
4. Faire appel à un professionnel qualifié
Bien qu’il soit possible de réaliser soi-même certaines parties de l’installation, faire appel à un professionnel présente plusieurs avantages :
- Expertise dans le dimensionnement et la conception du système
- Connaissance des normes en vigueur (notamment la RE2020)
- Garantie décennale sur les travaux réalisés
- Accès potentiel à des aides financières réservées aux installations professionnelles
Si vous optez pour une auto-construction, renseignez-vous auprès d’un bureau d’études thermiques pour valider votre projet et éviter les erreurs courantes.
5. Prévoir un entretien régulier
Pour garantir la durabilité et l’efficacité de votre puits canadien, prévoyez un entretien régulier :
| Élément | Fréquence d’entretien | Action |
| Filtre de la prise d’air | Tous les 4 mois | Nettoyage et vérification |
| Filtre de la prise d’air | Tous les ans | Remplacement |
| Réseau de conduits | Tous les 2 ans | Nettoyage complet |
| Bouches d’extraction | Tous les 3 mois | Nettoyage |
| Ventilateur | Tous les ans | Vérification et nettoyage |
Comparaison du puits canadien avec d’autres systèmes
Pour mieux comprendre l’intérêt du puits canadien, comparons-le avec d’autres systèmes de ventilation et de régulation thermique couramment utilisés
| Critère | Puits canadien | Climatisation traditionnelle | VMC double flux simple | Pompe à chaleur |
| Coût d’installation | Moyen à élevé (2 000 € – 8 000 €) | Moyen (1 500 € – 5 000 €) | Moyen (2 000 € – 4 000 €) | Élevé (8 000 € – 15 000 €) |
| Consommation énergétique | Très faible | Élevée | Faible | Moyenne |
| Impact environnemental | Très faible | Élevé (fluides frigorigènes) | Faible | Moyen |
| Efficacité en hiver | Bonne (préchauffage) | Nulle | Moyenne (récupération de chaleur) | Très bonne |
| Efficacité en été | Bonne (rafraîchissement) | Très bonne | Faible | Bonne (réversible) |
| Durée de vie | Très longue (30+ ans) | Moyenne (10-15 ans) | Moyenne (15-20 ans) | Moyenne (15-20 ans) |
| Entretien | Faible | Régulier | Régulier | Régulier |
| Renouvellement d’air | Oui | Non | Oui | Non |
Synergie avec d’autres systèmes
Le puits canadien peut être avantageusement couplé avec d’autres systèmes pour optimiser les performances énergétiques de votre habitation :
- Puits canadien + VMC double flux : Cette combinaison est particulièrement efficace, le puits canadien préchauffant l’air avant qu’il n’entre dans l’échangeur de la VMC, augmentant ainsi son rendement et évitant le givrage en hiver.
- Puits canadien + pompe à chaleur : Le puits canadien peut réduire la charge de travail de la pompe à chaleur en préchauffant ou en rafraîchissant l’air, améliorant ainsi son efficacité.
- Puits canadien + chauffe-eau thermodynamique : Cette association permet d’optimiser la production d’eau chaude sanitaire en utilisant l’air préchauffé par le puits canadien.
Questions fréquentes sur le puits canadien
Est-ce que le puits canadien est adapté à tous les climats ?
Le puits canadien est adapté à la plupart des climats, mais son efficacité varie selon les régions :
- Dans les climats continentaux avec des hivers rigoureux, il est particulièrement efficace pour le préchauffage de l’air.
- Dans les climats méditerranéens avec des étés chauds, il est très performant pour le rafraîchissement.
- Dans les climats océaniques tempérés, son intérêt peut être moindre, mais il reste pertinent pour améliorer le confort et réduire les consommations énergétiques.
L’efficacité du système dépend également de l’amplitude thermique entre la température du sol et celle de l’air extérieur. Plus cette différence est importante, plus le puits canadien sera performant.
Quelle est la durée de vie d’un puits canadien ?
La durée de vie d’un puits canadien est exceptionnellement longue, pouvant atteindre ou dépasser celle du bâtiment lui-même. Les conduits enterrés, généralement en polyéthylène ou en polypropylène, sont très résistants et ne s’usent pratiquement pas.
Les éléments mécaniques comme le ventilateur ont une durée de vie plus limitée (10-15 ans) mais sont facilement remplaçables. Les filtres doivent être changés régulièrement (tous les ans environ).
Pour maximiser la durée de vie du système, il est essentiel de respecter les règles d’installation (pente, étanchéité des raccords) et d’assurer un entretien régulier.
Peut-on installer un puits canadien en rénovation ?
L’installation d’un puits canadien est possible en rénovation, mais elle présente plusieurs défis :
- Les travaux de terrassement sont plus complexes sur un terrain déjà aménagé (jardin, allées, terrasses).
- L’intégration du système à la ventilation existante peut nécessiter des modifications importantes.
- La performance du puits dépendra de celle du bâtiment (isolation, étanchéité à l’air).
Il est généralement plus simple et moins coûteux d’installer un puits canadien lors de la construction d’un bâtiment neuf. Toutefois, en rénovation, un puits canadien hydraulique peut être une solution plus adaptée car il nécessite des tranchées moins larges et offre plus de flexibilité dans le tracé des conduits.
Le puits canadien présente-t-il des risques sanitaires ?
Lorsqu’il est correctement conçu et entretenu, le puits canadien ne présente pas de risques sanitaires particuliers. Toutefois, certaines précautions sont essentielles :
- Utiliser des conduits de qualité alimentaire, étanches et résistants aux moisissures.
- Assurer une pente suffisante (minimum 2%) pour l’évacuation des condensats.
- Installer un filtre efficace sur la prise d’air et le nettoyer régulièrement.
- Dans les zones à risque radon, privilégier un puits canadien hydraulique ou s’assurer de l’étanchéité parfaite des raccords.
- Prévoir un nettoyage régulier du réseau de conduits (tous les 2 ans).
Ces mesures permettent d’éviter les problèmes potentiels liés à l’humidité, aux moisissures ou à l’infiltration de gaz radon.
Existe-t-il des aides financières pour l’installation d’un puits canadien ?
Plusieurs dispositifs d’aide peuvent contribuer au financement d’un puits canadien :
- La TVA à taux réduit (5,5%) pour les travaux d’amélioration énergétique.
- L’éco-prêt à taux zéro, si le puits canadien fait partie d’un bouquet de travaux de rénovation énergétique.
- Certaines aides locales proposées par les régions, départements ou communes.
- Des aides spécifiques de l’ADEME pour les projets innovants.
Pour bénéficier de ces aides, l’installation doit généralement être réalisée par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Renseignez-vous auprès d’un conseiller France Rénov’ pour connaître les aides disponibles dans votre région.













