ALD et remboursement de prêt : ce que couvre vraiment l’assurance
- Par Jaafar Wahid
- août 14, 2026
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Réponse directe : une affection de longue durée n’est ni une incapacité, ni une invalidité. C’est un statut de prise en charge par l’assurance maladie — il ouvre des droits au remboursement, pas au paiement de vos échéances de prêt. Ce qui déclenche votre assurance emprunteur, c’est l’arrêt de travail et sa durée, pas la reconnaissance en ALD. Et le point que personne n’écrit : les indemnités journalières de la sécurité sociale s’arrêtent au bout de trois ans, quand votre prêt, lui, en a encore quinze à courir.
L’article D. 322-1 du code de la sécurité sociale définit l’affection de longue durée comme une maladie nécessitant « un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse ». L’assurance maladie distingue plusieurs catégories.
Dans tous les cas, un protocole de soins est établi par le médecin traitant. L’article L. 324-1 du code de la sécurité sociale précise qu’il « définit, compte tenu des recommandations établies par la Haute Autorité, les actes et les prestations nécessités par le traitement de l’affection », et qu’il est périodiquement révisable.
Aucun de ces textes ne parle de capacité de travail. Une personne en ALD peut travailler à temps plein ; une autre peut être arrêtée des mois. C’est l’arrêt de travail, sa durée et son effet sur votre profession qui intéressent votre assureur, pas la lettre de la caisse vous notifiant votre ALD.
L’article R. 323-1 du code de la sécurité sociale borne l’indemnisation de l’assurance maladie de façon très précise :
Le même article accorde au passage un avantage propre à l’ALD, rarement expliqué : son 1° prévoit que le délai d’attente de quatre jours « ne s’applique, pour une période de trois ans, qu’au premier des arrêts de travail dus à une même affection donnant lieu à application de la procédure prévue à l’article L. 324-1 ». Autrement dit, pour une même ALD, la carence n’est supportée qu’une fois sur trois ans, même en cas d’arrêts successifs.
Mettez ces bornes en face d’un prêt immobilier de vingt ans et l’enjeu apparaît : la sécurité sociale couvre au mieux trois ans. Au-delà, ce sont l’assurance emprunteur, une éventuelle pension d’invalidité et un contrat de prévoyance qui prennent le relais — ou personne.
La garantie mobilisée en cas d’arrêt est l’incapacité temporaire de travail. Trois paramètres du contrat décident du résultat, et ils figurent dans la notice, pas dans une brochure.
Et une règle à connaître avant toute démarche : la reconnaissance par un organisme social ne s’impose pas à l’assureur. Le Comité consultatif du secteur financier l’a rappelé dans sa recommandation du 12 octobre 2021 : l’assureur apprécie l’état de l’assuré selon les critères de son propre contrat. Une ALD reconnue, une pension d’invalidité attribuée, ne valent pas prise en charge automatique de l’échéance.
C’est la situation typique d’une sortie d’ALD, et c’est aussi là que beaucoup de contrats cessent de payer. La liste de place du CCSF comporte un critère dédié : « maintien de la couverture en cas de temps partiel thérapeutique avec une prise en charge minimale de 50 % sur une durée d’au moins 90 jours ».
Ce critère n’est opposable à votre banque que si elle l’a retenu parmi les onze exigences maximales qu’elle publie. Mais rien ne vous empêche de l’exiger de votre assureur : c’est un point de comparaison concret entre deux offres, et il pèse plus lourd qu’un écart de quelques euros sur la cotisation.
Depuis le 1er juin 2022, l’article L. 113-2-1 du code des assurances écarte le 2° de l’article L. 113-2 pour les contrats garantissant un crédit immobilier : « aucune information relative à l’état de santé ni aucun examen médical de l’assuré ne peut être demandé par l’assureur », à deux conditions cumulatives — une quotité assurée sur l’encours cumulé qui n’excède pas 200 000 euros par assuré, et une échéance de remboursement antérieure au soixantième anniversaire de l’assuré.
Dans ce cadre, une ALD n’a pas à être déclarée, puisque la question ne peut pas être posée. Au-delà de ces seuils, le questionnaire redevient licite et la réponse engage l’assuré au titre de l’article L. 113-2, 2°. L’assemblée plénière de la Cour de cassation a jugé le 2 mars 2007 (pourvoi n° 06-15.267) que l’assureur ne peut se prévaloir d’une réticence sur un point qu’il n’a pas précisément interrogé.
En cas d’omission, deux régimes coexistent : l’article L. 113-8 du code des assurances prévoit la nullité en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle, les primes restant acquises à l’assureur ; l’article L. 113-9 vise l’omission de bonne foi et conduit à une réduction proportionnelle de l’indemnité. La preuve de l’intention incombe à l’assureur.
Une ALD constitue, en pratique, un risque aggravé de santé lorsque le questionnaire s’applique. La convention AERAS organise alors l’examen du dossier à plusieurs niveaux et prévoit un écrêtement des surprimes sous conditions.
Attention toutefois à une confusion fréquente : la grille de référence AERAS ne recouvre pas la liste des ALD. Elle nomme des pathologies précises, avec pour chacune un délai au-delà duquel l’assurance est accessible sans surprime ni exclusion, ou avec une surprime plafonnée. Plusieurs affections très répandues en ALD — le diabète, l’hypertension artérielle sévère, les troubles psychiques — n’y figurent pas, ce qui signifie qu’aucun délai ni aucun plafond ne sont opposables à l’assureur pour elles. La comparaison entre assureurs reste alors le seul levier.
Non. L’ALD est un statut de prise en charge des soins. La garantie du prêt se déclenche sur un arrêt de travail qui correspond à la définition de l’incapacité retenue au contrat et qui dépasse le délai de franchise.
L’article R. 323-1 du code de la sécurité sociale fixe la durée maximale à trois ans, et le nombre maximal d’indemnités journalières à 360 pour une période quelconque de trois ans. Le délai de trois ans ne court à nouveau qu’après une reprise du travail d’un an.
Uniquement si la question vous est posée. Sous 200 000 euros de quotité assurée et avec une échéance antérieure à votre soixantième anniversaire, l’article L. 113-2-1 interdit à l’assureur de demander la moindre information de santé. Au-delà, la question est licite et la réponse vous engage.
Non, et cela dépend surtout de la pathologie, de son ancienneté et de son évolution. Certaines affections figurent à la grille de référence AERAS avec un délai au terme duquel aucune surprime ne peut être appliquée ; beaucoup d’autres n’y figurent pas, et rien n’est alors opposable à l’assureur.
L’article L. 113-12-2 du code des assurances ouvre la résiliation à tout moment. La difficulté n’est pas juridique mais pratique : si le questionnaire s’applique, le nouvel assureur connaîtra votre situation. Ne résiliez jamais l’ancien contrat avant d’avoir l’accord écrit de la banque sur le nouveau.
Un sinistre en cours reste couvert par le contrat sous lequel il est survenu. C’est la raison pour laquelle un changement en cours d’arrêt demande une attention particulière, détaillée sur notre page dédiée.
Méthode : aucun taux de surprime et aucun tarif ne sont publiés sur cette page. Il n’existe pas de barème public opposable par pathologie en dehors de la grille de référence AERAS, qui ne couvre qu’une liste fermée d’affections. Les durées d’indemnisation citées sont celles du régime général et ne préjugent pas des règles applicables aux régimes spéciaux ni aux travailleurs indépendants.

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